Quelle année pour Euro 6 ?
La norme Euro 6 s’applique à tous les véhicules particuliers neufs immatriculés depuis le 1er septembre 2015 en Europe. Cette date marque la généralisation d’un seuil d’émissions polluantes plus strict, notamment pour les oxydes d’azote (NOx) et les particules fines. Derrière ce repère simple se cache une chronologie plus complexe, avec des sous-étapes (Euro 6b, 6c, 6d) qui ont progressivement durci les conditions de test et les limites réelles d’émissions.
Euro 6 : le règlement européen et sa date pivot de 2015
La norme Euro 6 découle d’un cadre réglementaire européen qui fixe des valeurs limites d’émissions pour les polluants issus de la combustion des moteurs. Elle concerne le monoxyde de carbone (CO), les hydrocarbures (HC), les oxydes d’azote (NOx) et les particules.
Lire également : Quelle est la voiture la plus vendue en Europe en 2026 ?
Pour les voitures particulières et utilitaires légers, l’homologation Euro 6b a débuté le 1er septembre 2014. Concrètement, à cette date, tout nouveau modèle soumis à homologation devait respecter les seuils Euro 6. L’obligation s’est ensuite étendue à toutes les nouvelles immatriculations le 1er septembre 2015.
Côté diesel, la limite de NOx a été abaissée à 80 mg/km, contre 180 mg/km sous Euro 5. Pour les moteurs essence, le plafond est fixé à 60 mg/km de NOx. Ce resserrement a obligé les constructeurs à généraliser des systèmes de post-traitement comme le filtre à particules (FAP) et la réduction catalytique sélective (SCR), qui fonctionne avec de l’AdBlue sur les véhicules diesel.
A lire en complément : Quelle remise pour une voiture de direction ?

Euro 6b, 6c, 6d : des sous-étapes qui changent les méthodes de mesure
Parler d’une seule « norme Euro 6 » est trompeur. Plusieurs sous-versions se sont succédé entre 2014 et 2021, chacune modifiant non pas les seuils eux-mêmes, mais la manière de vérifier que le véhicule les respecte en conditions réelles.
Euro 6b (2014-2017)
Les émissions étaient mesurées uniquement en laboratoire, sur un cycle de conduite normalisé (NEDC). Ce protocole, très éloigné de la conduite quotidienne, permettait à certains véhicules diesel de dépasser largement les limites sur route ouverte.
Euro 6c (2017-2019)
Le cycle d’essai en laboratoire a basculé vers le protocole WLTP, plus représentatif des conditions réelles. Les valeurs de consommation et d’émissions de CO2 mesurées se sont rapprochées de ce qu’un conducteur constate au quotidien.
Euro 6d-Temp puis Euro 6d (2019-2021)
L’introduction des tests RDE (Real Driving Emissions) a constitué le changement majeur. Les véhicules sont désormais testés sur route, avec un appareil de mesure portable. La sous-version « Temp » autorisait un facteur de conformité plus souple, tandis que Euro 6d, obligatoire pour toutes les immatriculations depuis janvier 2021, impose le facteur de conformité le plus strict.
- Euro 6b : essai en laboratoire NEDC, écart fréquent entre résultats officiels et émissions réelles
- Euro 6c : passage au cycle WLTP en laboratoire, mesures plus proches de l’usage réel
- Euro 6d-Temp puis 6d : ajout des essais RDE sur route, avec un facteur de conformité de plus en plus serré
Conséquences sur la vignette Crit’Air et les zones à faibles émissions
La date de première immatriculation et la norme Euro du véhicule déterminent la classe du certificat qualité de l’air Crit’Air. Un diesel Euro 6 immatriculé entre 2015 et aujourd’hui obtient une vignette Crit’Air 2.
Cette distinction a des effets concrets dans les zones à faibles émissions (ZFE). Les métropoles françaises qui restreignent progressivement la circulation ciblent d’abord les véhicules Crit’Air 5, puis 4, puis 3. Les véhicules diesel Euro 6, classés Crit’Air 2, restent autorisés dans la quasi-totalité des ZFE actuelles.
Pour les utilitaires légers, la logique est identique : la norme Euro inscrite sur la carte grise (champ V9) conditionne à la fois la vignette et l’accès aux ZFE. Les artisans et professionnels dont le véhicule utilitaire est au moins Euro 6 bénéficient encore d’un accès large, même si des restrictions supplémentaires sont envisagées dans certaines agglomérations.

Euro 7 : la norme qui succède à Euro 6 dès novembre 2026
Le règlement (UE) 2024/1257 fixe le calendrier de la prochaine étape réglementaire. Euro 7 s’appliquera aux nouveaux types de voitures et utilitaires légers le 29 novembre 2026, puis à toutes les nouvelles immatriculations de ces catégories le 29 novembre 2027.
Au-delà du durcissement des seuils à l’échappement, Euro 7 introduit un périmètre élargi par rapport à Euro 6 :
- Des limites sur les particules issues de l’usure des freins et des pneus, un poste de pollution jusqu’ici non réglementé
- Des exigences de durabilité pour les batteries des véhicules électriques, ce qui intègre pour la première fois les motorisations zéro émission dans le cadre des normes Euro
- Des protocoles de test renforcés couvrant une plage de conditions de conduite plus large (températures extrêmes, altitude)
Les véhicules déjà en circulation sous norme Euro 6 ne seront pas concernés par une obligation de mise à niveau. Un véhicule homologué Euro 6d reste conforme pour toute sa durée de vie.
La norme Euro 6 restera donc le standard de référence pour la majorité du parc automobile roulant pendant encore plusieurs années, même après l’entrée en vigueur d’Euro 7. L’enjeu pour les automobilistes est surtout de vérifier la sous-version exacte de leur véhicule sur la carte grise, car c’est elle qui détermine la vignette Crit’Air et les droits de circulation en ZFE.